CHAPITRE 3 : Le noir, le Néant. Je sais que j'y suis. Mes paupières sont lourdes. Tellement lourdes.
Où suis-je ?
Je suis confortablement installée. Mon dos ne souffre plus. Je sens que je peux réellement détendre mon corps. Je ne vais pas tomber. Non...
Où est passé ma prairie ? Je n'ose même pas ouvrir les yeux pour le découvrir.
J'ai comme une partie du cerveau endormie. Je tente quand même de les ouvrir. Le Noir laisse place à la lumière. Encore.
Une lumière éblouissante. Toujours.
Biip.
Biip.
Biip.
Biip.
...
Encore ce bruit...Une impression de déjà entendu...
Mes yeux s'abituent doucement à cette trop violente lumière.
Blanc...Toujours du blanc. Plus vraiment de lumière. Elle se confond avec le reste.
Je regarde autours de moi. Rien. Une fenêtre,...Une télé éteinte,...Une chaise,...Une table...Une porte. Je ne recconait rien de ces lieux.
Je me redresse légèrement. La douleur commence à se faire ressentir. Elle est bien heureusement supportable, mais douloureuse quand même.
Je suis enfin assise. J'attends...Je ne sais pas quoi faire, alors j'attends.
Une femme entre. Elle me souris.
-Bonjour mademoiselle...
-Bon...Bonjour...Je réponds.
-Vous êtes enfin réveillée ! Je vais chercher un médecin.
Je me souviens maintenant, ce bruit, insupportable...Je sais où je l'ai déjà entendu...C'était avec ma mère, à l'hopital...ça doit être pour ça que je ne l'aime pas.
Hopital...Hopital...Qu'est ce que je fous dans un hopital... ?
-Mademoiselle Letoh. Comment allez vous ? Me demande un homme en rentrant. Il m'a l'air moins sympathique que la femme d'avant...
C'est un homme gras du bide, double menton en veux tu en voilà, mal rasé, des raquettes à la place des mains, court sur pattes, 130 kilos facils. Et puis ses petites lunettes carrées qu'il porte sur le bout de son nez lui donne un air des plus méprisant qui soit.
-Et bien...oui...Pourquoi ça n'irai pas... ? Je demande.
-Mmh...Je vois...Perte de mémoire...Très bien. Comment vous appellez vous ?
-Noëlly Letoh, Noly...
-Oui. C'est bien. Vous avez quel âge ?
-17 ans...
-Vos parents s'appelle comment ?
-Ma mère est décédée...Mon père s'appelle Vincent.
-Où habitez vous ?
-J'habite à Paris...
-Que vous rappellez vous de votre accident ?
-Mon accident ?
-A la falaise...
-A la falaise ?
-Je vois...Refus cathégorique du cerveau de se remémorer les événements. Choc post-traumatique. Evidemment...Dit-il comme si ce n'était qu'une futilité.
-Qu...Quoi ?
-Ne cherchez pas, rallongez vous, reposez vous. Quelqu'un va venir vous rafraichir la mémoire.
Bah dis donc ! Il est gonflé Baloo !
Deux personnes entrent après Que Mr. Baloo soit sortit. Leur visage me sont famillier...
-Noly... ?
-Leïla ? Jeff ?
-Oh, tu te rappelles de nos noms ! Dit-elle, heureuse.
-Bah oui...Pourquoi je l'aurai oublié ?
-Oh...Tu ne te souviens donc de rien... ? Demande Jeff.
-Mais c'est quoi ce délire à la fin ? De quoi je devrai me souvenir ?! Et qu'est ce que je fou dans un hopital ?!?
-Tu ne te rappelle pas ?...Il a une semaine, nous sommes allés escalder la falaise, près du gymnase...
-Non. Je ne me souviens pas.
-Arrivés en haut la corde à lâchée...Nous sommes tous tombés...
La corde...La falaise...Gwenn...Naro...Le halo rouge...Mes doigts ensanglantés...Le mousqueton...Tout me revient sous forme de flashs rapides.
-Oui...Je me souviens...Je dis. Mais comment j'ai attéris ici... ?
-J'ai...J'ai mal attaché la corde dans les mousquetons...Je ne m'en suis rendu compte qu'arrivé en haut. La corde a cédée. Tu t'es cognée la tête sur les rochers. Tu es dans le coma depuis une semaine. Nous...On a pas eu grands choses...Quelques bleus...Et un sacré mal de tête. Pareil pour Damien et Arthur. Anouska délire complétement. Elle s'est mal cognée...Au mauvais endroit. Et Lyz va beaucoup mieux. Même si elle reste traumatisée. Elle va s'en sortir.
-Et Gwenn ? Et Naro ? Ils ont rien eu... ?
Ils se regardent tristement. Leïla se lève, en pleurs, et sort de la chambre. Cela veut tout dire. Mais je ne veux pas comprendre.
-Qu'est ce qu'elle a ? Je demande à Jeff. Pourquoi elle pleure ? Je continus.
-Noly...Gwenn s'est cogné la tête contre les rochers...Et...
-Et elle va mieux ?
-Noly...Tu sais...Gwenn s'est cogné la...Tête contre les rochers...Et...
-Oui, tu viens de me le dire...Mais elle va mieux ? Je demande.
-Tu sais, elle s'est cogné bien trop fort et...Le rocher était pointu et...
Il me prend la main.
-Oh...Et...Naro...Il...Il est tombé de très haut sur un rocher...
-Arrêtes Jeff ! Dis moi juste où je peux aller les voir ! Ils ont quels numéros de chambre ?
-Noly...
-Dis moi où ils sont !
Les larmes commencent à me monter, automatiquement. Jeff, lui, pleure déjà.
-Jeff ! Qu'est ce qu'il se passe ?! Dis moi dans quelles chambres ils sont... !
-Noly...Ils n'ont pas de numéro de chambre...
-Ils sont sortis alors ! Ils vont mieux ! Je peux les voir quand ? Je demande dans un rire sanglotant.
-Noly...
-Appelle les ! Qu'est ce que tu attends !! Je dis, en pleurant.
-Noly arrête...Dis-t-il en commençant à me serrer dans se bras.
-Donne moi ton portable ! Je vais le faire moi même !! Je dis pleurant, de peur et de colère, et le repoussant.
-Gwenn et Naro sont morts, Noly...
Coup de poignard. Je lâche le combiné. Non, j'ai dû mal entendre...Gwenn ...Naro...Cette phrase tourne en boucle dans ma tête. Je suis prise de spasmes et j'ai envie de vomir. Mon corps me lâche et retombe brutalement sur le matelas.
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
Non ! ça ne peut pas arriver à moi ! ça n'arrive qu'aux autres ça !
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
On dirait une série télé américaine ! Non !!! PAS GWENN !! PAS NARO !!
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
J'hurle. J'arrache chacun de mes fils, pleurant comme une folle désespérée, criant comme une hystérique.
Des médecins arrivent. Ils m'empoignent.
-LACHEZ MOI BANDE DE BRUTES !!!!!! NOOON !!! GWENN ! NARO ! NOOON !!!! LACHEZ MOOOOOI !!!!!!! ASSASSIN !!!!!! Je hurle en cris sur-aigus.
-Mademoiselle, calmez vous...
-Qu'est-ce que vous lui faites ? Demande Jeff.
-On lui injecte une dose de morphine. Ça va la calmer.
Ils saisissent mon bras. Je me débats de toutes mes forces. J'hurle, je donne des coups de pieds, je mords, je ne veux pas qu'ils me touchent !! Je veux juste revoir Gwenn et Naro...
Un mec me pince l'oreille. Je me retourne sous la douleur. Ils en profitent pour me planter leur foutue aiguille dans mon bras.
Je retrouve cette sensation de frais, dans mes veines. Et cet engourdissement du corps. Je me sens partir, tout...Tout doucement, physiquement relaxée. Ils me tiennent de moins en moins fermement et me reposent dans le lit correctement.
J'ai l'impression de m'enfoncer dans l'amas de couvertures fraîches, lourdes.
J'ai aussi cette sensation bizzare, je ne me sens pas actrice de la scène, mais spectatrice. Je vois, j'entends, mais mon corps ne réagit plus, paralysé. Garder les yeux ouverts n'est plus possible.
Je veux m'endormir, à tout jamais.
Biip.
Je ne veux plus jamais voir la laideur cruelle et sadique du monde.
Biip.
Tout cela n'est qu'un mauvais cauchemard.
Biip.
« Gwenn et Naro sont morts, Noly.. »
Biip.
Je veux les retrouver...
Coupure totale...Une dernière fois.
ELLIPSE
A mon réveil, je ne cherche plus à savoir où je suis. Je le sais déjà. Je regrette simplement de les avoir ouverts, ces foutus yeux. Ils m'ont branché la télé pour que je me sente moins seule. C'est vrai, j'ai l'impression d'être avec quelq'un, avec ce bruit de fond. Ça rasure, disons. Mais je me sens toujoursun peu seule.
Depuis que je sais ce qu'il s'est passé, depuis la perte de ma meilleure amie et de celui que je considère comme mon frère, je n'ai pas dit un seul mot. Je n'y arrive pas. Je n'en vois même pas l'utilité. Ça fait pourtant déjà deux semaines, disent-ils. Je devrai sortir aujourd'hui normalement. Je m'en fiche de toute façon. Qu'ils me mettent où ils veulent.
Une infirmière me tire de mes pensées et viens vers moi. Elle me retourne pour que je sois face à elle. Depuis deux semaines, je suis dans la même position, le regard dans le vide, je ne fais plus rien. Je passe mes journées à fixer quelque chose qui n'éxiste pas. Et quand je suis fatiguée, je n'ai plus qu'a fermer les yeux. Le noir m'envahit alors et à mon réveil, je répète inlassablement la même chose que la veille.
Voilà comment j'ai passé ces deux semaines.
-C'est bien mademoiselle, vous faites des efforts. Vous n'êtes plus hystèrique au point de vous arracher la sonde. C'est important vous savez ? Pour vous nourrir.
Je me souviens à peine de cette sonde, qu'il m'ont plantée dans le bras parce que je refusait catégoriquement de me nourrir.
-Maintenant, il va falloir que vous reveniez parmis nous, mademoiselle. Racontez moi quelque chose. N'importe quoi... Me demande-t-elle.
Je ne veux pas lui répondre. Je ne veux pas qu'elle gagne. Oui, tout ça devient un jeu avec les infirmières. Je ne veux pas qu'elle croient que je veux faire preuve de bonne volontée. Je veux qu'elle comprenne que je suis seul maître de la situation et que c'est moi qui décide si oui ou non je fais telle ou telle chose. Et en l'occurance, je ne veux rien faire. Rien.
-Ah ! Vous tombez bien jeunes gens ! Essayez de la faire parler, de la faire revenir parmis nous. Elle sera mutée dans un service plus qualifié sinon.
-Quel genre de service ? Demande une voix qui semble bien être celle de Jeff.
-Un service psychiatrique. Répond-t-elle.
-Mon Dieu...Dit en un souffle la voix de Leïla.
-Je vous laisse.
-Oui.
Je les entends venir vers moi. Je ne bouge pas. Je sais qu'ils guettent la moindre de mes réactions. Je reste le dos tourné à eux.
-Noly...Coucou, c'est nous...Tente Leïla.
-Noly...Il faut que tu arrête maintenant. Regarde nous. Je sais que tu nous entend. Tu as tout aussi bien entendu que nous ce qu'elle a dit l'infirmière, non ? Ils vont te mettre chez les fous Noly ! C'est ça que tu veux ? Nana y est déjà...Elle ne nous reconnaît plus. Elle pense que nous sommes le diable. Elle délire complétement. Elle a même essayer de tuer Leïla...Noly ! Réagis !
-Jeff...Ne la brusque pas...Tu risque de faire tout le contraire de ce qu'on espère.
-Non, je sais très bien qu'elle nous entend, qu'elle se fout de nous. Je la connaît depuis quon est en couche culotte ! Il faut qu'elle réagisse, sinon c'est nous qui allons la faire réagir ! Je ne veux pas qu'elle finisse comme Nana et Lyz, tu comprend ?!
-Oui Jeff, je comprends, mais arrête s'il te plaît...
-Laisse moi !
Leïla se tais. Elle s'assoid au pied de mon lit.
-Noly...Je ne veux pas que tu finisse dans un asile de fous ! Tu m'entends ?! Tu n'y a pas ta place ! Et puis pense à ton père...Il est complètement effondré ! Ne sois pas égoïste Noly...Tu ne peux pas aller dans cet asile pour tarés ! Tu crois que c'est ce que Gwen et Naro auraient voulus ?!
Eléctro choc. Deux semaines que je n'ai pas entendus ces deux prénoms, deux semaines que je m'éfforce de ne pas y penser. Il n'a pas le droit de dire ça, pas après ce qu'il leur a fait.
Je me relève subitement sur mon lit et me tourne vers Jeff, les yeux gorgés de haine et de rancune.
-Comment oses-tu prononcer leur noms ?! Comment oses-tu dire ce qu' ils auraient voulus ou on ?! Je t'interdis de parler d'eux en ma présence !! Toi et ton c½ur de pierre !! Comment tu fais à ne pas être effondré de la mort de ton meilleur ami et de ta petite amie ?! C'est parce que tu ne culpabilise pas !! C'est parce que tu as conscience que c'est toi qui les a tués !!! ASSASSIN !!!! C'EST TA FAUTE S'ILS SONT PARTIS !!!! T'AS TUE MA MEILLEURE AMIE ET MON FRERE !!!!! DEGAGE !!!! JE NE VEUX PLUS QUE TU PARLES D'EUX COMME CA, TU M'ENTENDS ?!
Leïla relève et pousse Jeff, décontenancé. Je suis parcourue de spasmes et je tombe à terre. Je n'arrive pas à bouger, je ne contrôle plus mon corps. C'est lui qui me contrôle.
Des infimières arrivent et me soulèvent. Mes pieds cherchent désespérément le sol, mais sans succés.
Elles m'asseillent sur le lit et me font avaler je ne sais quoi. Mes spasmes se calment et je redevient presque normale. Je ne veux plus de leur satanée seringue. Alors je suis obligée de coopérer. Même si je ne veux pas qu'ils pensent que c'est grâce à eux que je reparle. Alors je me laisse aller dans les draps frais. Je veux rendre visite à mes deux Anges disparus...
-...Je veux sortir d'ici.____________________
Voilà pour ce Trisième chapitre. Cela vous plaît toujours ?
J'attends vos impressions avec impatience =)
BzoO'
Alisson.